Les Bleus, qui avaient déjà été battus par les Pumas 17-12 lors du match d'ouverture du tournoi, ont subi face à leur bête noire leur sixième revers en sept matches.
"Les meilleurs ont gagné", a commenté Laporte, qui prendra lundi ses nouvelles fonctions de secrétaire d'Etat aux Sports. "Ils nous ont battus deux fois, c'est qu'ils sont plus forts que nous. On est placés derrière eux, c'est logique dans cette compétition."
Après une bonne entame de match, les Français, qui ont été battus trois fois dans cette Coupe du monde -deux fois par les Argentins et par les Anglais en demi-finale- ont été submergés par des Pumas audacieux et très solides en défense.
"On a vu un bon match de rugby", a poursuivi Laporte, sans émettre la moindre critique sur les nombreuses erreurs défensives de ses joueurs, qui n'ont pas su se rebeller. "On a manqué d'efficacité dans les 30 premières minutes, on a eu trois occasions d'essais mais on fait deux en-avants. On avait le match en mains et on prend deux contre assassins."
Dès la mi-temps, la messe était dite pour les Français, menés 17-3 au retour aux vestiaires.
"C'est forcément pas de cette manière qu'on aurait voulu terminer la compétition", a ajouté le capitaine Raphaël Ibanez. "Vous pouvez imaginer la déception des joueurs. On a manqué trop d'occasions dès le début du match pour pouvoir être forts tout au long de la rencontre."
Au cours des 23 premières minutes de jeu, les Français se sont vu refuser logiquement trois essais et l'arbitre du match, le Néo-Zélandais Paul Honiss a peu sanctionné les fautes défensives argentines.
"On donne trop de place à la défense dans le jeu d'aujourd'hui", a estimé Laporte. "Déjà qu'il y a de moins à moins d'espaces, si on ne donne pas l'avantage à l'attaque en pénalisant les défenseurs qui se couchent... Mais ce n'est pas ça qui nous a fait perdre. En tout cas, c'est un point sur lequel il faudra se pencher."
Laporte a reconnu que la défaite face à l'Angleterre (14-9) en demi-finale avait peut-être touché ses joueurs mentalement.
"On est passés tellement près, on était en finale à 12 minutes de la fin de ce match, alors que l'Argentine n'a jamais été en mesure d'aller en finale", a-t-il dit. "Certainement que ça a joué."
Le demi de mêlée Jean-Baptiste Elissalde a confirmé les propos de son entraîneur.
"Tout s'est arrêté la semaine dernière pour nous", a-t-il dit sans se voiler la face. "Après ça, la motivation... On a eu du mal à rebondir après avoir annoncé qu'on voulait être champions du monde. Je suis le premier à faire mon mea culpa. Je n'étais pas là cette semaine, d'autres joueurs non plus. Les Argentins étaient très motivés. Il nous manquait sans doute du coeur et du caractère."
Ibanez a enfin refusé de confirmer qu'il prenait sa retraite internationale. "C'est hors de propos", a-t-il dit. "L'Argentine a une génération exceptionnelle de joueurs. Qu'ils profitent bien de leur succès car je ne suis pas certain qu'ils retrouveront cette génération dans les années à venir. J'espère qu'on se souviendra aussi de cette soirée, car je suis un peu en colère. Le rugby, ça continue, et il y aura d'autres France-Argentine. Il faut préparer le prochain sans oublier ce qui s'est passé ce soir."